Les classiques prévisions économiques pour la nouvelle année comportent une marge d’incertitude plus large que jamais concernant 2010, trop rapidement considérée comme celle de la sortie de crise. Un optimisme modéré est cependant de rigueur. Effectivement des signes positifs apparaissent, redonnant de belles couleurs à la bourse. Les exportations ont repris, le déficit de la balance commerciale s’est réduit profitant du redressement du commerce mondial. La croissance devrait s’améliorer, la consommation des ménages se maintient, l’industrie recommence à constituer des stocks, le taux d’inflation restera bas, 1,2 %, une augmentation possible des taux d’intérêts restera limitée. Cependant, si l’on en croit l’Observatoire français des prévisions économiques, il faut relativiser ces bons indicateurs. Ainsi une croissance prévue à 0,75 %, selon Christine Lagarde (1,50 % selon François Fillon), ne permettra pas une vraie reprise et empêchera seulement la situation d’empirer. Dans l’ensemble, il ne faut pas attendre de miracles et plusieurs points noirs ne pourront être effacés.
. Le déficit de l’État : 141 milliards en 2009, soit 6, 3 % du PIB. En ajoutant le déficit de la sécurité sociale (2, 3 % du PIB), le déficit total de l’ensemble des administrations publiques atteindra cette année 8,5 %. Les recettes fiscales en baisse de 20 % ne devraient pas beaucoup progresser, sauf reprise commerciale et industrielle importante dopant l’impôt sur les sociétés. La simple baisse de la TVA sur la restauration coûtera 11 milliards en 2010, la compensation pour suppression de la taxe professionnelle 39 milliards. Pourtant, confiant dans la reprise, le gouvernement table sur un chiffre de 114 milliards, ce qui reste évidemment beaucoup trop, tout en espérant arriver à respecter les critères de Maastricht (3 %) en 2015. La réduction du nombre de fonctionnaires se poursuivra, avec au moins 30 000 non-remplacements. L’économie réalisée ne dépasse pas 500 millions d’euros, une partie des gains servant comme promis à l’amélioration des salaires.
. Le chômage : les destructions d’emplois ont presque cessé à la fin de l’année et pourtant le nombre de chômeurs, presque 2 500 000, va encore s’aggraver. Or, selon Christian de Boissieu, Président du conseil d’analyses économiques, la fin de la crise, c’est quand le chômage arrête de monter. En 2010, après avoir reconstitué leurs marges, avec certaines aides fiscales et la suppression partielle de la taxe professionnelle, les entreprises commenceront prudemment par recourir aux heures supplémentaires et au travail intérimaire, lequel reprend de l’activité. Les vraies embauches suivront avec retard. L’étude de l’OFPE, citée plus haut, annonce un taux de chômage pouvant atteindre 10,6% de la population active fin 2010.
. Reprise industrielle : on note quelques signes positifs après une fin d’année dans le rouge. L’hémorragie des faillites (65 000 en 2009) a cessé. Le secteur automobile, surtout Renault et PSA, affiche une surprenante prospérité due en partie à la prime à la casse. Que se passera-t-il avec sa suppression progressive ? Et surtout les banques renouent avec de tels bénéfices qu’elles ont pu rembourser la plus grande partie des aides de l’État. On peut donc espérer qu’elles ouvriront de façon moins restrictive le robinet du crédit.
. La consommation des ménages : moteur dont dépend la production et donc le taux de chômage. Elle a peu faibli, pourrait reprendre si les particuliers ne devaient faire face à des dépenses supplémentaires, taxe carbone supprimée, mais remplacée au 1er juillet par une «contribution climat énergie», déremboursement d’une centaine de médicaments, augmentation du forfait hospitalisation, suppression de niches fiscales et hausse des impôts locaux. Or, tout ce qui diminue le pouvoir d’achat fait baisser la consommation. Les épargnes de précaution devraient heureusement diminuer en raison des faibles taux d’intérêts.
. Sécurité sociale : cauchemar de tous les gouvernements depuis 20 ans alors que la situation devient de plus en plus dramatique. Fixé pour 2009 à 9 milliards, le déficit a atteint la somme colossale de 23 milliards parce qu’en raison du chômage, les cotisations rentrent mal. Et le tarif des hôpitaux a déjà augmenté de 2,8 %. Ce sera pire en 2010 avec un déficit annoncé de 30 milliards. Les retraités pourraient aussi souffrir car il faut réduire un déficit de près de 10 milliards prévu pour la branche retraite.
. Impôts : le gouvernement essaye de rester fidèle à sa promesse « pas d’impôts nouveaux » tout en créant des taxes et se déchargeant de plus en plus sur les collectivités territoriales obligées ainsi de majorer leur fiscalité. Tout en continuant trop souvent à accumuler les dépenses somptuaires au lieu de mettre en œuvre des plans d’économies.
2010, année de convalescence fragile, possède des possibilités de sortie de crise malgré une croissance assez molle et sans doute quelques chocs boursiers pendant le premier semestre. Pour renouer avec la prospérité, il conviendra de pratiquer une efficace politique d’investissements. Ceux-ci furent trop longtemps différés par les entreprises. La réforme de la taxe professionnelle qui ne va plus les taxer permettra de les relancer et de favoriser les prises de risques. De son côté, le gouvernement a promis de consacrer le fameux grand emprunt à des investissements productifs, tournés vers l’avenir, recherche, environnement, enseignement supérieur, numérique, technologies du futur et tout ce qui concerne l’innovation créatrice. Souhaitons que les fonds empruntés ne soient pas déviés de leurs objectifs pour boucher quelques trous financiers, comme cela arrive parfois.
. Le déficit de l’État : 141 milliards en 2009, soit 6, 3 % du PIB. En ajoutant le déficit de la sécurité sociale (2, 3 % du PIB), le déficit total de l’ensemble des administrations publiques atteindra cette année 8,5 %. Les recettes fiscales en baisse de 20 % ne devraient pas beaucoup progresser, sauf reprise commerciale et industrielle importante dopant l’impôt sur les sociétés. La simple baisse de la TVA sur la restauration coûtera 11 milliards en 2010, la compensation pour suppression de la taxe professionnelle 39 milliards. Pourtant, confiant dans la reprise, le gouvernement table sur un chiffre de 114 milliards, ce qui reste évidemment beaucoup trop, tout en espérant arriver à respecter les critères de Maastricht (3 %) en 2015. La réduction du nombre de fonctionnaires se poursuivra, avec au moins 30 000 non-remplacements. L’économie réalisée ne dépasse pas 500 millions d’euros, une partie des gains servant comme promis à l’amélioration des salaires.
. Le chômage : les destructions d’emplois ont presque cessé à la fin de l’année et pourtant le nombre de chômeurs, presque 2 500 000, va encore s’aggraver. Or, selon Christian de Boissieu, Président du conseil d’analyses économiques, la fin de la crise, c’est quand le chômage arrête de monter. En 2010, après avoir reconstitué leurs marges, avec certaines aides fiscales et la suppression partielle de la taxe professionnelle, les entreprises commenceront prudemment par recourir aux heures supplémentaires et au travail intérimaire, lequel reprend de l’activité. Les vraies embauches suivront avec retard. L’étude de l’OFPE, citée plus haut, annonce un taux de chômage pouvant atteindre 10,6% de la population active fin 2010.
. Reprise industrielle : on note quelques signes positifs après une fin d’année dans le rouge. L’hémorragie des faillites (65 000 en 2009) a cessé. Le secteur automobile, surtout Renault et PSA, affiche une surprenante prospérité due en partie à la prime à la casse. Que se passera-t-il avec sa suppression progressive ? Et surtout les banques renouent avec de tels bénéfices qu’elles ont pu rembourser la plus grande partie des aides de l’État. On peut donc espérer qu’elles ouvriront de façon moins restrictive le robinet du crédit.
. La consommation des ménages : moteur dont dépend la production et donc le taux de chômage. Elle a peu faibli, pourrait reprendre si les particuliers ne devaient faire face à des dépenses supplémentaires, taxe carbone supprimée, mais remplacée au 1er juillet par une «contribution climat énergie», déremboursement d’une centaine de médicaments, augmentation du forfait hospitalisation, suppression de niches fiscales et hausse des impôts locaux. Or, tout ce qui diminue le pouvoir d’achat fait baisser la consommation. Les épargnes de précaution devraient heureusement diminuer en raison des faibles taux d’intérêts.
. Sécurité sociale : cauchemar de tous les gouvernements depuis 20 ans alors que la situation devient de plus en plus dramatique. Fixé pour 2009 à 9 milliards, le déficit a atteint la somme colossale de 23 milliards parce qu’en raison du chômage, les cotisations rentrent mal. Et le tarif des hôpitaux a déjà augmenté de 2,8 %. Ce sera pire en 2010 avec un déficit annoncé de 30 milliards. Les retraités pourraient aussi souffrir car il faut réduire un déficit de près de 10 milliards prévu pour la branche retraite.
. Impôts : le gouvernement essaye de rester fidèle à sa promesse « pas d’impôts nouveaux » tout en créant des taxes et se déchargeant de plus en plus sur les collectivités territoriales obligées ainsi de majorer leur fiscalité. Tout en continuant trop souvent à accumuler les dépenses somptuaires au lieu de mettre en œuvre des plans d’économies.
2010, année de convalescence fragile, possède des possibilités de sortie de crise malgré une croissance assez molle et sans doute quelques chocs boursiers pendant le premier semestre. Pour renouer avec la prospérité, il conviendra de pratiquer une efficace politique d’investissements. Ceux-ci furent trop longtemps différés par les entreprises. La réforme de la taxe professionnelle qui ne va plus les taxer permettra de les relancer et de favoriser les prises de risques. De son côté, le gouvernement a promis de consacrer le fameux grand emprunt à des investissements productifs, tournés vers l’avenir, recherche, environnement, enseignement supérieur, numérique, technologies du futur et tout ce qui concerne l’innovation créatrice. Souhaitons que les fonds empruntés ne soient pas déviés de leurs objectifs pour boucher quelques trous financiers, comme cela arrive parfois.
Article des Echos Judiciaires Gironde
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