Ce qui se passe est assez étonnant. On savait qu'on bataillerait sur la Grèce, sur les banques et sur le fonds de stabilité, mais en quelques jours l'Italie est devenue également un des principaux sujets des négociations européennes. Cela part sûrement d'une bonne intention. La volonté d'éviter que demain, ou après le G20, les marchés s'attaquent à nouveau à la dette italienne et que l'Europe soit obligée de mobiliser tous ces moyens fraîchement adoptés pour défendre l'Italie
Cette ingérence assez brutale dans les affaires de l'Italie est étonnante. Certes ce pays est sous pression, certes ses fondamentaux ne sont pas bons, mais l'Italie n'est pas la Grèce, loin de là. Et le plus étonnant est que la France se permet de faire la leçon à l'Italie aux côtés de l'Allemagne. Or notre situation n'est que légèrement plus enviable et nous pourrions subir très rapidement l'effet boomerang de la pression mise aux Italiens. Implicitement, l'Allemagne vient d'instaurer une mise sous tutelle de fait des pays dont les dettes s sont attaquées. Elle dicte ses conditions.
Est-ce qu'il n'y a pas aussi un effet anti Berlusconi ?
C'est certain. On a l'impression que l'Europe veut son départ. Mais cette pression sur l'Italie est un vrai tournant européen. Rappelons que l'Italie, contrairement à la Grèce, le Portugal ou l'Irlande, n'est pas en défaut, loin de là, qu'elle n'a pas de package d'aide auprès de l'Europe ou du FMI. Mais elle est traitée comme un pays déjà en faillite. En acceptant et en alimentant cette situation, Nicolas Sarkozy prend un risque. Celui que l'Allemagne demande demain à la France ce qu'elle demande aujourd'hui à l'Italie: une rigueur germanique, une austérité polaire dont nous sommes à des années-lumière…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire